L’ostéopathie pour mieux supporter la chimiothérapie

cancer ostéopathie traitementSelon l’OMS, 15 millions de décès sont dus au cancer dans le monde chaque année soit presque 1 décès toutes les deux secondes. Le taux de mortalité attribué au cancer a malgré tout diminué.

Cette diminution peut être attribuée à l’augmentation des campagnes de prévention, à l’essor des dépistages mais aussi à l’amélioration des diagnostics et des traitements. L’actualité corrobore d’ailleurs cette réalité avec le prix Nobel de médecine 2018 attribué à James Allison et Tasuku Honjo pour leurs recherches sur l’immunothérapie, traitement prometteur contre le cancer.

La chimiothérapie reste pour le moment l’un des traitements les plus communément utilisés pour lutter contre le cancer. Ce traitement consiste à administrer par voie intraveineuse ou orale des composants chimiques permettant de tuer les cellules cancéreuses. Malheureusement, des cellules saines peuvent être endommagées ce qui pourra potentiellement entraîner des effets secondaires particulièrement handicapants pour le patient. Les symptômes les plus souvent retrouvés sont une fatigue, des nausées et/ou vomissements, diarrhées, constipation, et des douleurs. Ces effets secondaires sont un véritable problème si bien qu’ils sont parfois considérés par les patients comme plus invalidants que le cancer en lui-même, ce qui peut aboutir à un arrêt du traitement.

Pour répondre à cette problématique, de nombreux patients n’hésitent pas à recourir à des médecines alternatives telles que l’ostéopathie en complément de leur chimiothérapie.
Vient alors une question à laquelle seule la science peut répondre : l’ostéopathie peut-elle réellement améliorer la qualité de vie de ces patients ?

 

Méthode

Une étude Française s’est penchée sur la question. Le département de recherche de l’Ecole supérieure d’ostéopathie de Paris a lancé un protocole de recherche visant à mesurer l’efficacité d’un traitement ostéopathique sur les effets secondaires et la qualité de vie des patients sous chimiothérapie.
Cette étude a été réalisée en étroite relation avec 3 hôpitaux de Paris, où les patients ont été recrutés pour participer à l’étude.

 

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40 patients au total ont pu participer à l’étude.

Dans un souci éthique, chaque patient a pu bénéficier d’un traitement ostéopathique susceptible de lui apporter un bénéfice.
Les patients ont été séparés en deux groupes :

  • Un groupe recevant un traitement ostéopathique simulé (pour mesurer l’effet placebo) puis, 14 à 21 jours après, un traitement ostéopathique réel.
  • Un groupe recevant un traitement ostéopathique réel, puis, 14 à 21 jours après, un traitement simulé.

Les chercheurs ont cherché à évaluer grâce à un questionnaire :

  • L’état de santé global des patients
  • Leur fatigue
  • Leurs nausées et vomissements
  • Leurs douleurs
  • Leur perturbation du sommeil
  • Leur constipation
  • Leur difficulté respiratoire

Le questionnaire a été rempli :

  • Avant le début de l’étude
  • Avant le second traitement (simulé ou réel) pour évaluer l’efficacité du premier.
  • 7 à 21 jours après le deuxième traitement (simulé ou réel) pour évaluer l’efficacité du second.

Ce protocole permettait donc d’évaluer tout d’abord si les effets secondaires s’amélioraient après le traitement ostéopathique par rapport au début de l’étude. Il permettait également de voir s’il y avait une différence dans l’évolution de ces effets secondaires, selon si les patients avaient reçu un traitement simulé ou un traitement réel.

 

Résultats

Entre « avant le début de l’étude » et après le traitement ostéopathique, les chercheurs ont pu mettre en évidence qu’il existait des améliorations très hautement significatives des nausées-vomissement et des difficultés respiratoires. Elles étaient hautement significatives pour la fatigue, et significatives pour les douleurs et la perturbation du sommeil.
L’efficacité du traitement ostéopathique était statistiquement supérieure au placebo pour tous ces critères.

 

Commentaires et conclusions

L’intégration d’ostéopathes dans les services d’oncologie pourrait donc être une possibilité à étudier. Cette étude illustre parfaitement les bienfaits du travail collaboratif entre les ostéopathes et le monde médical. Aucune thérapie n’est en compétition avec une autre. L’union fait la force et les patients ont besoin d’avoir un maximum de possibilités thérapeutiques à leur disposition tant la complexité de leurs troubles complique leurs traitements.

 

Références

Nolwenn Favier, Antoine Guinet, Méryl Nageleisen, Bernard Ceccaldi, Éric Pujade-Lauraine, Christine LeFoll, Mickaël Soudaine-Pineau, Catherine Turlin, Laurent Stubbe. Évaluation de efficacité d’un traitement ostéopathique sur les effets secondaires et la qualité de vie de patients sous chimiothérapie : Essai clinique multicentrique randomisé. La revue de l’Ostéopathie. 2012;7:5-12

 

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