Ostéopathie : le craquement articulaire en question

craquement ostéopathieS’il existe un sujet en rapport à l’ostéopathie sur lequel le grand public s’interroge, c’est bien sur la question du craquement articulaire ! Est-ce que tel ou tel ostéopathe fait « craquer » les articulations ? Qu’est-ce que le craquement ? Est-ce que ça « remet en place » les os ? Voici un bref éclaircissement.

 

Les différentes techniques en ostéopathie

Les techniques sont à la fois extrêmement nombreuses et variées. On pourrait les catégoriser de plusieurs manières. Le mieux, pour la compréhension de cet article, serait de les placer parmi celles qui font « crac » et celles qui ne font pas « crac ». Celles qui produisent, en général, un bruit de craquement sont les techniques dites en « thrust », ce qui signifie impulsion. On va les nommer techniques manipulatoires. Ces techniques se réalisent par une mise en tension du tissu à manipuler puis par une impulsion douce, brève et relativement véloce. Le bruit qui en résulte assez souvent n’est qu’une conséquence de la séquence mise en tension / manipulation, mais n’est pas l’objectif de la manœuvre. La finalité de cette manœuvre réside dans le relâchement tissulaire obtenu permettant de récupérer un mouvement satisfaisant de la zone manipulée. Le bruit entendu, c’est du folklore !

Inversement, l’ensemble des autres techniques utilisées en ostéopathie ne produisant pas de bruit sont souvent désignées par le terme « tissulaires ». Elles peuvent être très disparates mais pour le bien de cet article seront rassemblées par le point commun de ne pas faire de « crac ». Dans l’absolu, elles ne sont pas différentes dans leur finalité, il s’agit toujours d’obtenir le maximum de mobilité du tissu intéressé par la manœuvre. Elles n’ont simplement pas la même séquence : certaines se font par pression plus ou moins forte, d’autres par contracté/relâché, etc… on n’entend donc pas de craquement ! Ce qui n’a, au fond, aucune importance puisque le relâchement tissulaire sera aussi obtenu, mais d’une façon différente.

En outre, le bruit de craquement peut-être entendu de manière fortuite lors de la mise en tension ou lors d’une pression consécutive à l’exécution d’une technique n’étant pas sensée en engendrer. Cela s’explique par la nature même du craquement, ce qui nous amène à répondre à la deuxième  question : qu’est-ce qui fait le bruit de craquement ?

 

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La nature du bruit de craquement

Il s’agit d’un phénomène appelé « cavitation » et qui concerne les articulations. Deux surfaces articulaires sont en contact par le biais du cartilage hyalin qui les compose, dans un espace fermé appelé « capsule ». Leur mouvement est rendu possible par la présence d’un liquide, le liquide synovial, permettant de fluidifier le mouvement des surfaces l’une sur l’autre à la manière de l’huile d’un moteur. Ce liquide renferme du gaz dissout. Dans certaines conditions d’éloignement des deux surfaces articulaires, le volume à l’intérieur de la capsule augmente, la quantité de liquide restant identique, c’est la libération du gaz dissout sous forme gazeuse, afin d’occuper l’espace créé, qui provoque le bruit.

Ce phénomène correspond bien à l’expression «  la nature a horreur du vide » ! D’un point de vue mécanique, que cela peut-il bien signifier ? Rien de spécial hormis le fait que l’articulation s’est suffisamment « ouverte » pour permettre la cavitation. Si l’ostéopathe a défini au préalable une restriction de la mobilité de cette articulation, le bruit reste néanmoins un indicateur supplémentaire pour le déblocage du tissu visé par la manœuvre.

 

Remise en place des os ?

Pas du tout ! Vous l’aurez compris, la manipulation qui fait « crac » permet de retrouver un mouvement satisfaisant de l’articulation en question, à condition que l’ostéopathe ait trouvé lors de son bilan que celle-ci était en restriction de mobilité. La notion de placement est très mineure dans ce cas de figure. Avant la manœuvre, les deux surfaces articulaires sont l’une en face de l’autre. Après la manœuvre, elles le sont également ! C’est ce que l’on peut constater sur cette vidéo.

Il peut tout de même se produire un étirement bref de certaines fibres musculaires tendues reliées à l’articulation manipulée, pouvant nous laisser penser que l’équilibrage obtenu par leur détente permettrait un placement des surfaces articulaires au plus près de leur placement physiologique mais cela reste à prouver. La correction de placement (hypothétique) serait tellement fine que l’on ne peut pas considérer cela comme une remise en place au sens orthopédique du terme, comme suite à une luxation par exemple. L’ostéopathie agit uniquement sur la mobilité des tissus. La correction des troubles de mobilité de l’ensemble du corps lors d’un traitement créé une harmonisation globale débouchant sur une sensation de « remise en place » et même si après un traitement la constatation que le patient se tient mieux peut parfois se faire à l’œil nu, la démonstration scientifique n’en est pas faite. Le bien-être obtenu, par contre, est généralement  bien exprimé par les patients !

 

Pour conclure, un mot sur le choix des techniques par le praticien. Tout est question d’affinité avec les gestes, chacun développant son propre panel au fur et à mesure de ses années de pratique. Le principal est de savoir tout faire et d’adapter au cas par cas. Les techniques manipulatoires qui font l’objet de cet article, même si elles sont toujours douces et non forcées, doivent répondre à trois exigences : faisabilité, adaptabilité et consentement par le patient. Certains patients sont en attente de techniques manipulatoires, d’autres de techniques tissulaires. Une séance d’ostéopathie peut comporter indifféremment tous les types de techniques, l’ostéopathe fera son choix en fonction de l’interrogatoire, de l’étude des examens complémentaires et du bilan clinique qu’il aura effectué, afin de proposer celles qui seront les plus pertinentes à son patient. Pour les patients qui ont peur ou qui ne supportent pas les techniques manipulatoires, l’ostéopathe s’abstiendra d’en utiliser. Pas grave, l’ostéopathie est suffisamment riche pour pouvoir obtenir le résultat souhaité par d’autres moyens !

 

L’équipe d’Oostéo remercie Julien Maurin, ostéopathe D.O. diplômé, pour cet article. Vous pouvez consulter le site internet de Julien Maurin. Pour une consultation, n’hésitez pas à contacter Julien Maurin – Ostéopathe au 13 rue Pottier, 78150 Le Chesnay.

 

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