Olivier ROMAND , Pierre Loup CORBIER et Léonie FUHRER Ostéopathe Nancy
34 rue saint jean 54000 Nancy
L’algodystrophie, appelée aujourd’hui syndrome douloureux régional complexe (SDRC), est une affection qui peut apparaître après une fracture, une entorse, une opération ou un traumatisme. Elle se manifeste généralement par une douleur importante, une hypersensibilité, un gonflement et une diminution progressive de la mobilité du membre concerné.
Elle peut toucher le pied et la cheville, la main et le poignet, mais également d’autres régions du corps.
La prise en charge de l’algodystrophie est souvent longue et nécessite une approche globale. La rééducation progressive occupe une place essentielle. L’ostéopathie peut, dans certaines situations, être envisagée comme un accompagnement complémentaire, notamment pour travailler les restrictions de mobilité et les adaptations musculo-squelettiques apparues autour de la zone douloureuse.
Le terme « algodystrophie » reste très utilisé dans le langage courant. Le terme médical actuellement employé est syndrome douloureux régional complexe, ou SDRC.
Il s’agit d’un syndrome douloureux qui peut associer plusieurs manifestations :
Le SDRC peut être classé en deux catégories principales :
SDRC de type 1 : aucune lésion nerveuse périphérique clairement identifiée.
SDRC de type 2 : une lésion nerveuse périphérique est identifiée.
Le diagnostic repose principalement sur l’examen clinique et la recherche de signes caractéristiques.
L’algodystrophie survient fréquemment après un événement ayant touché un membre.
Elle peut notamment apparaître après :
Dans certains cas, aucun facteur déclenchant précis n’est retrouvé.
L’apparition des symptômes peut être progressive. Une douleur qui persiste après la guérison apparente d’une blessure peut progressivement s’accompagner d’un gonflement, d’une hypersensibilité et d’une limitation des mouvements.
La douleur constitue souvent le symptôme qui inquiète le plus le patient.
Elle peut être décrite comme :
La zone peut également devenir très sensible au toucher. Un contact léger qui serait normalement indolore peut parfois provoquer une sensation douloureuse.
Cette hypersensibilité est notamment liée aux mécanismes de sensibilisation du système nerveux.
Un œdème peut apparaître au niveau de la zone concernée.
Au niveau du pied, il peut par exemple rendre les chaussures difficiles à porter.
Au niveau de la main, les doigts peuvent devenir gonflés et difficiles à mobiliser.
Le gonflement peut également participer à la sensation de raideur.
Le membre atteint peut être plus chaud ou plus froid que le membre opposé.
Ces variations sont liées notamment à des perturbations de la régulation vasomotrice.
C’est une particularité importante du SDRC : il ne s’agit pas simplement d’un problème de circulation sanguine, mais d’une perturbation complexe impliquant notamment le système nerveux autonome et la régulation des vaisseaux sanguins.
La peau peut présenter des modifications de coloration :
Ces changements peuvent varier au cours de la journée ou selon les situations.
La douleur et le gonflement conduisent souvent le patient à moins utiliser son membre.
Progressivement, cela peut entraîner :
douleur → diminution du mouvement → raideur → perte de force → diminution de la fonction.
Il est donc important d’éviter, lorsque cela est possible, qu’une immobilisation prolongée s’installe.
La récupération fonctionnelle constitue un élément essentiel de la prise en charge.
Le but n’est pas de forcer une articulation douloureuse.
Il s’agit plutôt de réintroduire progressivement le mouvement afin que le membre retrouve ses capacités.
Selon la localisation, la rééducation peut comprendre :
Le patient doit progressivement retrouver confiance dans l'utilisation de son membre.
La question de la circulation est fréquemment évoquée lorsqu’un patient souffre d’algodystrophie.
Le SDRC peut effectivement provoquer des anomalies vasomotrices.
Le diamètre des petits vaisseaux et la régulation du débit sanguin peuvent être perturbés. Cela explique notamment les variations de température et de couleur observées au niveau du membre.
Il serait toutefois réducteur de parler simplement de « mauvaise circulation ».
L’algodystrophie implique plusieurs mécanismes :
C’est pourquoi son traitement nécessite généralement plusieurs approches complémentaires.
L’ostéopathie ne remplace pas le suivi médical ni la rééducation.
Elle peut néanmoins être envisagée comme approche complémentaire, une fois le diagnostic établi et dans le cadre d’une prise en charge adaptée.
L’objectif de la consultation peut notamment être d’évaluer les conséquences musculo-squelettiques du problème.
Lorsqu’un membre est douloureux pendant plusieurs semaines, le patient modifie naturellement sa manière de bouger.
Par exemple, une personne souffrant d’une algodystrophie du pied peut modifier sa marche.
Elle peut :
Ces adaptations peuvent progressivement créer des tensions dans d’autres régions du corps.
L’ostéopathe peut alors rechercher ces adaptations et travailler les zones qui ont perdu de la mobilité.
Une personne souffrant d’un SDRC peut présenter une hypersensibilité importante.
Il n’est donc pas question d’utiliser systématiquement des techniques fortes ou douloureuses.
L’approche doit être adaptée à la tolérance du patient.
Le travail peut notamment porter sur :
L'objectif est d'accompagner le patient sans provoquer de réaction douloureuse excessive.
Certaines techniques manuelles peuvent influencer temporairement les réponses locales et neurovégétatives et contribuer au confort et à la mobilité.
Cependant, il est important de rester précis : il n’est actuellement pas démontré que l’ostéopathie puisse normaliser à elle seule la vascularisation d’un membre atteint d’algodystrophie ou guérir un SDRC.
Les recherches sur l’ostéopathie dans le syndrome douloureux régional complexe restent encore limitées.
L’intérêt potentiel de l’ostéopathie se situe davantage dans son rôle complémentaire : améliorer certaines mobilités, diminuer certaines tensions et accompagner la récupération fonctionnelle.
La kinésithérapie joue un rôle central dans la récupération.
Elle permet notamment de travailler directement :
L’objectif est de permettre au patient de réutiliser progressivement son membre dans les activités quotidiennes.
L’ostéopathie et la kinésithérapie peuvent donc avoir des rôles différents et complémentaires.
La kinésithérapie vise principalement la récupération fonctionnelle et le réentraînement.
L’ostéopathie peut accompagner certaines restrictions de mobilité et les adaptations musculo-squelettiques.
La reprise de l’activité physique doit être progressive.
Elle dépend :
Le principe général est de retrouver progressivement une utilisation normale du membre plutôt que de l’éviter complètement.
La reprise peut commencer par des exercices simples avant d’évoluer vers des activités plus exigeantes.
Le SDRC du pied ou de la cheville peut être particulièrement handicapant.
Le patient peut avoir des difficultés à :
La douleur peut entraîner une modification importante de la marche.
Une prise en charge adaptée cherchera progressivement à retrouver un appui plus naturel et une meilleure mobilité de la cheville et du pied.
Lorsqu’elle concerne le membre supérieur, l’algodystrophie peut gêner de nombreux gestes quotidiens.
Le patient peut avoir des difficultés à :
La récupération de la mobilité et de la fonction de la main constitue alors un objectif essentiel.
Le massage doit être adapté à la sensibilité du patient.
Une zone très douloureuse et hypersensible ne doit pas être massée de manière agressive.
Des contacts et techniques douces peuvent éventuellement être utilisés dans certaines situations, mais ils ne doivent pas être considérés comme un traitement spécifique permettant de « drainer » ou de guérir l’algodystrophie.
L’objectif reste le confort et l’accompagnement progressif de la récupération.
Le SDRC nécessite souvent plusieurs intervenants.
Selon la situation, la prise en charge peut associer :
Médecin
→ diagnostic, suivi et traitement médical.
Kinésithérapeute
→ mobilité, force et récupération fonctionnelle.
Ergothérapeute
→ récupération des gestes de la vie quotidienne.
Spécialiste de la douleur
→ prise en charge des douleurs persistantes ou complexes.
Ostéopathe
→ accompagnement complémentaire des restrictions de mobilité et des adaptations musculo-squelettiques.
Cette complémentarité permet de prendre en compte les différentes dimensions du syndrome.
Une consultation médicale est recommandée lorsqu’une douleur persistante apparaît après une fracture, une entorse, une opération ou un traumatisme et qu’elle s’accompagne notamment :
Le diagnostic du SDRC doit être posé par un professionnel de santé.
Une prise en charge précoce permet ensuite de mettre en place rapidement une stratégie adaptée.
L’algodystrophie, ou syndrome douloureux régional complexe, est une affection complexe qui peut apparaître après un traumatisme ou une intervention.
Elle peut provoquer :
Les troubles vasomoteurs font partie des caractéristiques du syndrome, mais l’algodystrophie ne doit pas être réduite à un simple problème de circulation.
La récupération progressive du mouvement et de la fonction constitue un élément essentiel de la prise en charge.
L’ostéopathie peut éventuellement intervenir en complément du suivi médical et de la rééducation afin d’accompagner les restrictions de mobilité et les adaptations musculo-squelettiques.
Elle ne doit cependant pas être présentée comme un traitement capable, à lui seul, de rétablir la vascularisation ou de guérir l’algodystrophie.
L’évolution est très variable d’une personne à l’autre. La récupération peut être progressive et nécessite parfois plusieurs mois de prise en charge.
Des troubles vasomoteurs peuvent effectivement apparaître, mais le SDRC implique également le système nerveux, les mécanismes inflammatoires et les processus de sensibilisation.
L’ostéopathie peut être proposée comme accompagnement complémentaire, mais elle ne remplace pas le suivi médical et la rééducation.
La récupération progressive du mouvement est généralement importante. Les exercices doivent cependant être adaptés aux capacités et à la tolérance du patient.
Une reprise progressive est généralement privilégiée, en fonction de l’évolution et des recommandations des professionnels qui suivent le patient.
Certaines techniques manuelles peuvent avoir des effets physiologiques locaux ou neurovégétatifs, mais l’efficacité spécifique de l’ostéopathie sur la vascularisation du SDRC reste insuffisamment démontrée.
L’algodystrophie est une affection complexe qui nécessite une prise en charge personnalisée. La douleur, l’œdème, les troubles vasomoteurs et la raideur peuvent progressivement limiter l’utilisation du membre.
La récupération fonctionnelle repose principalement sur une rééducation progressive, associée si nécessaire à une prise en charge médicale de la douleur.
L’ostéopathie peut trouver une place complémentaire lorsque des restrictions de mobilité ou des adaptations musculo-squelettiques persistent. Son objectif est alors d’accompagner la récupération et le confort du patient, sans se substituer aux traitements médicaux et rééducatifs.
Article écrit par : Olivier ROMAND , Pierre Loup CORBIER et Léonie FUHRER, Ostéopathe - Nancy - Tél : 0383354744Pour prendre rendez-vous ou pour toutes questions