Être ostéopathe à Londres : l’expérience de Pierre Etcheverry

londres ostéopathieBienvenue dans notre nouvelle rubrique du blog Oostéo, dans laquelle sont mis à l’honneur des ostéopathes français ayant décidé de quitter l’Hexagone.

Ce n’est une découverte pour personne, la profession d’ostéopathe est saturée depuis bien des années, comme en témoignent de nombreuses études sur le sujet. La réglementation floue concernant les accréditations d’écoles d’ostéopathie, ainsi que l’augmentation de la demande de consultations ont contribué à une augmentation du nombre d’ostéopathes en France de l’ordre de 700% depuis 2002. Par ailleurs, la population ostéopathique mondiale est majoritairement concentrée en France, laissant de fait peu (voire pas) de place aux jeunes diplômés.

Par conséquent, on pourrait croire que les opportunités qui s’offrent à ces derniers diminuent avec le temps (remplacements à rallonge, ostéopathie à domicile, concurrence féroce même dans les villes de taille moyenne), mais certains de nos jeunes talents français ont opté pour une option à la fois courageuse et riche en enseignements : l’expatriation.

Vous découvrirez dans cette rubrique les raisons qui ont poussés nos jeunes confrères et consœurs à quitter la France Métropolitaine, leur démarche et les conseils qu’ils donnent à ceux qui hésitent encore.

 

« Quand Andrew Taylor Still rencontre Erasme … »

 

Aujourd’hui, c’est Pierre Etcheverry, ostéopathe D.O. diplômé du COS Bordeaux et ostéopathe à Londres, qui nous partage son expérience. Après avoir fait quelques remplacements en France l’été suivant son début d’activité, il réalise le souhait qui lui trottait dans la tête depuis plus d’un an : celui de partir sur Londres.

 

Motivations, raisons de l’installation à l’étranger

En effet, mon départ en Angleterre se planifiait déjà dès ma dernière année d’études pour plusieurs raisons :

  • les anglais sont très bons sur certaines techniques (ex : structurelle), ce qui permet de visiter une autre approche
  • ils sont également très pluridisciplinaire : on n’exerce jamais seul, on est (presque) toujours entouré de kinés, acupuncteurs, profs pilates/yoga, ce qui n’est pas encore très développé en France (même si ça arrive petit à petit), ce qui permet de bien travailler en équipe

 

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Processus d’installation à Londres : un parcours long et exigeant

  • La procédure d’installation est assez longue, il faut être motivé car :
    Il faut d’abord être validé par le GOSC (ordre des ostéos en Grande-Bretagne) : on nous demande toutes les notes des 5 dernières années pour chaque matière (clinicat interne, externe et Mémoire : il faut être D.O sinon on ne peut pas bosser ici !)
  • Un document dans lequel on nous demandera des cas cliniques, dans des cas particuliers, est à remplir (sorte d’examen). En outre, un historique des patients traités nous est demandé, ainsi que l’approche effectuée, le traitement apporté et les conseils donnés. Toutefois, tout cela a un coût. Il faut compter environ 700 livres pour arriver à cette étape, sans oublier que tout cela doit être rédigé en anglais. Il est donc vivement conseillé de tout faire traduire par une agence privée pour traduire les termes médicaux, car pour prétendre travailler à Londres, on doit prouver que l’on possède une base d’anglais suffisante, et apprendre les pathologies. Au cours de cette deuxième étape, deux issues sont possibles : le refus ou la validation.
  • La troisième étape se déroule à la BSO (british school of osteopathy), dans laquelle un examen médical en clinicat réel est réalisé en anglais sur environ 2 patients, pour une durée avoisinant les 2 heures par patient. Nous sommes ensuite évalués par le jury qui terminera par un debrief, à l’issue duquel on obtient (ou non) sa validation. En cas d’échec, il faut attendre 6 mois minimum pour pouvoir repasser l’examen.

 

Conditions de travail d’un ostéopathe à Londres

L’ostéopathie est assez développée en Angleterre (ici Londres), et la population est très ouverte sur les médecines paramédicales (on trouve aussi des chiropracteurs et des kinés). De plus, Londres est un peu comme Paris dans la mesure où on peut trouver des honoraires oscillants entre 50 et 150 livres, même si une consultation dure en moyenne 45 minutes pour 75 livres.

En outre, il est obligatoire de se former tous les ans quand on exerce à Londres, il est impératif d’améliorer sa pratique (30h de formation par an sont obligatoires). Ces formations se matérialisent sous formes de réunions d’auto notation, on ne se sent donc jamais tout seul (l’ordre des ostéos et les assurances sont très proches du praticien), on est constamment cadrés.

 

Conseils à donner pour s’installer à Londres

Je suis content de l’avoir fait et de continuer mon exercice à Londres, mais il faut reconnaître que c’est très énergivore. Je ne suis pas certain que je le referais aujourd’hui car le processus d’installation demande beaucoup de concentration, d’effort et de motivation.

De fait, je conseille à un ostéopathe souhaitant s’installer à Londres d’arriver avec un bagage financier, car la vie londonienne est chère (notamment le logement), et la formation relativement coûteuse. Il faut être motivé car c’est assez dur mentalement d’avoir parfois un job en parallèle pour avoir pouvoir assurer le coût des premiers mois précédant et suivant l’installation.

 

Anecdotes personnelles

Ce qui m’a agréablement surpris, à titre personnel, en début d’activité, est la relative absence de compétition entre praticiens. En effet, lors de mon arrivée dans la clinique, deux ostéopathes y travaillaient déjà, et m’ont accueilli à bras ouverts, ce qui est très important car cela t’ouvre l’esprit, tu peux « partager » des patients sans avoir l’impression de te « faire piquer » un patient. L’aspect pluridisciplinaire se marie bien avec le partage et l’ouverture d’esprit, c’est donc pour cette raison qu’il ne faut pas avoir peur de s’installer à Londres.

Pour moi, il n’y a aujourd’hui que du positif à tirer de cette expérience londonienne qui perdure, mais il y a du bon dans le monde entier, il faut juste chercher pour savoir où on sera le plus à l’aise. Toutefois, il est très important de bien maîtriser la langue du pays pour pouvoir travailler avec tout type de patient, d’autant que Londres est, comme Paris, très internationalisée.

 

L’équipe Oostéo remercie vivement Pierre Etcheverry pour son partage d’expérience à Londres et vous invite à consulter son site Internet pour de plus amples informations.

Nous vous invitons également à partager vos expériences d’installation en dehors des sentiers battus, ou même de pratique temporaire de l’ostéopathie à l’étranger, en nous envoyant vos témoignages par mail à l’adresse mail suivante : contact@oosteo.com.

 

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