Jeune ostéo : le jour où j’ai reçu l’appel d’un marabout

Dans cette rubrique « portraits d’ostéopathes », nous avons décidé de questionner Yoni Djien, jeune ostéopathe de 26 ans, sur son parcours, ses choix, et ses débuts dans le monde de l’ostéopathie. Telle une discussion entre amis autour d’un café, nos ostéos se livrent sur ce qui les a poussés à se lancer en libéral, les désillusions du début, les leçons tirées des premiers échecs, et ce qui fait la beauté du métier d’ostéopathe.

Présentation de Yoni Djien, ostéopathe

Salut la team Oostéo, je m’appelle Yoni, j’ai 26 ans et je suis diplômé depuis 2 ans de l’EO Paris et titulaire d’un Diplôme universitaire en périnatalité de la faculté Bichat à Paris. Pour être franc, je ne connaissais pas tellement l’ostéopathie avant de commencer mes études. C’est le directeur de l’IPEO lui-même, Mr Rachou, qui m’a motivé dans ma démarche de devenir ostéopathe.

Après obtention de mon diplôme, on ne va pas se mentir, l’installation a été un peu compliquée, notamment parce qu’on n’apprend pas en école d’ostéopathie à gérer tous les « à-côtés » auxquels tu seras confronté pour développer ton activité. Cela peut paraître bête, mais on ne t’apprend pas à créer un statut, à appréhender tes charges, ni te mettre en garde sur les arnaques en tous genres, et les concepts administratifs indispensables qui te permettent d’exercer ton métier de façon optimale. L’entrée dans le monde du travail a été une grosse étape à franchir.

Comme beaucoup j’ai débuté en faisant du domicile, parce qu’il faut pouvoir te constituer une réserve qui te permettra de payer tous les éléments indispensables à la création d’un cabinet (loyer du local, le matériel, la table, etc.), donc j’ai décidé de commencer avec ce qui nécessitait le moins de charges possibles à mes yeux, et le plus adapté à mon secteur (Bondy, Les Pavillons sous bois).

Ensuite, j’ai eu la chance d’intégrer un cabinet pluridisciplinaire à Vincennes qui m’a permis de franchir un cap dans ma pratique même de l’ostéopathie. C’est extrêmement formateur de côtoyer quotidiennement d’autres professionnels de santé, comme des diététiciennes, des podologues, ou autres, tout en continuant de pratiquer à domicile.

Dirais-tu que c’est compliqué de s’installer en tant qu’ostéopathe en périphérie parisienne en 2020 ?

Le plus compliqué à l’heure actuelle selon moi, c’est la reconnaissance des médecins, entre autres. Dans notre secteur géographique (périphérie parisienne), on est vraiment très nombreux, et beaucoup de confrères te voient comme un concurrent !

Lors de ma création d’activité, j’ai vu passer une offre de remplacement par une ostéopathe qui exerçait à deux pas de chez moi, ça m’a semblé logique d’y postuler, tant par la proximité géographique que pour l’occasion de débuter sereinement mon activité. Contrairement à mes attentes, j’ai reçu un refus catégorique et un début de discours haineux à mon encontre pour avoir postulé à une offre qui m’aurait peut-être permis de commencer d’exercer en cabinet.

Je trouve donc dommage qu’on ait cette image de « guerre » entre ostéopathes, j’ai la conviction qu’on peut largement cohabiter ensemble, dans la mesure où  les techniques utilisées sont différentes d’un thérapeute à un autre. Il y a autant d’ostéopathes que d’ostéopathie.

Je trouve également dommage que certains praticiens s’attribuent des patients, sachant que ce dernier  est libre de choisir son thérapeute, sans pour autant que cela soit vu comme une infidélité.

Enfin, j’aimerais mettre l’accent sur la démocratisation de l’ostéopathie. Bien que les gens soient de mieux en mieux informés sur notre profession, de nombreux patients s’imaginent qu’un ostéopathe est en mesure de soigner tous les maux du monde. Alors que certains nous voient comme des charlatans, d’autres à l’inverse nous considèrent presque comme des magiciens, et réagissent mal lorsque je leur recommande de demander l’avis d’un autre professionnel de santé (podologue, médecin généraliste, ou autre), ou lorsqu’ils ont encore des douleurs des suites du traitement. C’est donc difficile d’essuyer des critiques de patients qui s’imaginaient rentrer chez eux en tapant un sprint alors qu’ils venaient au cabinet avec une canne.

 

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Côté positif, que préfères-tu dans ton métier ?

Clairement de pouvoir soulager les patients au quotidien. C’est tellement agréable de pouvoir soulager des centaines d’inconnus qui te font confiance en sortie d’école d’ostéopathie, et d’avoir leurs retours positifs quand tout s’est bien passé.

Dans mon cas précis, j’apprécie tout particulièrement de pouvoir travailler avec d’autres professionnels de santé en parallèle. Ça éveille ta curiosité et t’apprends énormément de choses jour après jour.

Une petite anecdote à nous raconter ?

Bien-sûr, celle-là c’est ma préférée je pense, j’ai eu l’impression d’être dans un film !

Un jour, j’ai reçu un coup de téléphone d’un inconnu, qui se présentait comme un marabout. Il me dit avoir un patient qui avait des douleurs au niveau du cou, et qu’il ne parvenait pas à le soigner. J’ai d’abord cru à une mauvaise blague, mais il m’a ensuite demandé s’il pouvait le rediriger vers moi. J’ai accepté, en me disant que le sketch allait se terminer en même temps que nous allions raccrocher.

Mais contrairement à ce que j’imaginais, j’ai reçu dans la foulée un coup de fil d’un individu me disant qu’il avait mal au cou, et qu’il souhaitait prendre rendez-vous avec moi, parce que son marabout n’avait pas réussi à le soigner. Il a ajouté qu’il se trouvait dans un hôtel, et souhaitait que je m’y déplace pour effectuer la séance.

C’était incroyable, la « blague » durait, les échanges restaient courtois et sérieux, mais j’ai commencé à me poser tout un tas de question, et pour tout t’avouer ça m’a semblé tellement étrange (il s’agissait de mes premiers mois d’exercice seulement !), que j’ai commencé à me faire des films, à imaginer un guet-apens, du coup j’ai choisi de me rendre à l’hôtel accompagné de ma mère qui flippait.

Quand je suis arrivé à l’hôtel, j’ai été reçu par le personnel, très courtois, et le fameux patient est venu me chercher à l’accueil pour me conduire à sa chambre, où s’est déroulée la consultation.

Je me suis cru dans un film, où tous les scénarios sont possibles, mais il s’agissait en réalité d’un avocat Tchadien qui avait une foi inébranlable dans la qualité de soins offerte par les gourous, et a finalement découvert l’ostéopathie avec moi.

C’était vraiment déroutant pour le débutant que j’étais, mais maintenant j’en rigole !

Imaginons que tu ne sois plus ostéopathe, qu’aimerais-tu faire ?

Je suis passionné de football, j’aime beaucoup jouer et regarder des matchs. J’aime le côté stratège et tactique qu’on retrouve dans ce sport,  je pense que coacher me plairait beaucoup.

On va aussi dire que le confinement me permet de jouer à Football manager ou FIFA et de peaufiner ma technique. Qui sait, peut-être qu’un jour je serai à la tête d’une grande équipe de Ligue 1 !

Un dernier conseil à donner aux étudiants en ostéopathie ?

De la patience, le travail paye toujours, il faut prendre son mal en patience, ça finira toujours par payer !

L’équipe Oostéo remercie Yoni Djien pour le temps qu’il nous a accordé lors de cette interview, et les échanges plein de vérité que nous avons pu avoir. Nous vous invitons à consulter son site internet, ostéopathe à domicile près de Bondy et à le contacter au 01.79.35.57.59 pour plus d’informations.

Pour échanger avec nous, ou nous faire part de votre expérience, n’hésitez pas à nous contacter par formulaire via notre plateforme.

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